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Littoral — benjamin coustes|Nouvelle-Aquitaine




Cette intervention concerne une famille esthète, vivant dans le Nord-Est de la France, amoureuse d’Arcachon, désireuse de métamorphoser trois petits appartements d’une même parcelle en une seule maison de vacances. Arcachon, avec son urbanisme qui tient au passé, impose ses modénatures pseudo-vernaculaires sur toute façade nouvelle. Le projet consent à cette contrainte : il ne touche ni au volume, ni aux façades sur rue .Il s’y engage en s’en détournant. On libère l’existant : suppression des cloisons, des planchers légers, purge des espaces superflus. Deux vides s’ouvrent, déchirant le cœur des étages, pour laisser la lumière infuser les pièces de vie. Au rez-de-chaussée, la terre se structure sous nos pas : dalles de béton isolées, garanties de stabilité, promesse de durée. Les bétons déjà présents, sont poncés, s’éclaircissent. Les façades sur rue se murent, consolidant les murs de briques minces, assurant leur assise. Autour des vides, les ossatures bois apparaissent : attelles structurelles des murs et des toits, enveloppes isolantes. L’une s’installe au rez-de-chaussée pour le jour, l’autre à l’étage pour la nuit ; deux rythmes, deux manières d’habiter. Toutes sont bardées de voliges de douglas, à l’exception des abords du vide, laissés nus, ouverts. Jour et nuit s’articulent par la serre : elle sépare, elle distribue, elle compose un intervalle thermique, sensible. Elle ne se contente pas de traverser la maison : elle en orchestre les usages, le passage, l’intimité. Les ossatures donnant sur serre et patio se vitrent ; ouverture à la lumière, transmission des vues. Les menuiseries explorent un geste simple mais précis : le verre est collé directement sur le bois, évitant le recours à l’aluminium. Les ouvrants, standards, sont à galandage. Le toit de la serre devient un ciel de tuiles de verre. L’air circule : un dispositif de prise d’air s’intègre à la porte d’entrée ; les tuiles à douille accompagnent, discrètement, la respiration du lieu. Un escalier en acier galvanisé connecte les niveaux. Un avant-toit recueille les eaux, dans un geste à la fois technique et mesuré. Et au cœur de la maison, un îlot de cuisine — pivot du quotidien, lieu d’ancrage des moments partagés.
Le projet naît de la volonté des commanditaires de disposer d’une maison de vacances au cœur d’Arcachon, capable d’accueillir une famille élargie et des amis, tout en restant inscrite dans un budget maîtrisé. La parcelle et son contexte urbain imposent cependant une intervention mesurée : la réglementation particulièrement contraignante, autant que l’état structurel fragile de l’existant, excluent une approche fondée sur l’extension ou la transformation sans précaution. Le projet prend ainsi le parti de conserver l’existant, non comme une contrainte à contourner, mais comme le point de départ de la transformation. Il s’agit de travailler avec ce qui est déjà là, en réorganisant profondément les espaces afin de leur redonner une lisibilité et une fonctionnalité adaptées aux usages d’une maison de vacances. La distribution est alors pensée autour d’une distinction claire entre les espaces du jour et ceux de la nuit. À cette organisation s’ajoute un espace intermédiaire, une serre, qui vient s’insérer entre ces deux mondes. Elle constitue à la fois une pièce supplémentaire et un espace de transition, permettant d’habiter autrement la maison et de prolonger les relations entre intérieur, extérieur et jardin. Le projet cherche ainsi à produire davantage avec moins : faire avec l’existant, composer avec une réglementation stricte et un budget tenu, tout en offrant une maison généreuse dans ses usages et capable d’accueillir largement.
Comme dit precedemment les contraintes sont urbaines , economiques et constructives
La solution est volontairement chirurgicale. À la manière d’une attelle, le projet ne cherche pas à remplacer l’existant, mais à le consolider et à lui permettre de retrouver une nouvelle capacité d’usage. Des constructions en ossature bois viennent ainsi s’inscrire dans la structure existante, avec une intervention précise, localisée, qui compose avec ce qui est déjà là. Le projet fonctionne par emboîtements successifs, comme des poupées russes : les nouveaux volumes s’installent à l’intérieur de l’existant sans chercher à en remplir entièrement la boîte. Cette manière de faire laisse apparaître des espaces libres, des épaisseurs et des respirations qui deviennent des lieux à part entière. Ces espaces de dilatation ne sont pas initialement programmés. Ils apparaissent comme les conséquences directes de la manière dont les nouvelles constructions viennent prendre place dans l’existant. Patios, serres et espaces intermédiaires constituent ainsi autant de situations imprévues mais progressivement reconnues et validées par la maîtrise d’ouvrage. Loin d’être des espaces résiduels, ces vides participent au bon fonctionnement de l’ensemble. Ils apportent de la lumière, de l’air, des relations avec le jardin et surtout une forme de générosité spatiale. Le projet ne cherche donc pas à optimiser chaque mètre carré, mais à laisser suffisamment de vide pour que la maison puisse respirer et accueillir des usages qui ne sont pas entièrement déterminés à l’avance.

Une villa pleine de possibilités avec une façade d […]

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