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bako studio — Olivia Andriantsimalia|Occitanie




La restructuration de cette maison des années 30 a visé à concilier le respect d'une architecture à préserver avec les usages et exigences énergétiques contemporains. La question de la lumière et de la ventilation naturelles ainsi que le lien au jardin ont guidées l'essentiel des interventions. Au RDC, initialement bas, encaissé et sans accès confortable au jardin, l’intention initiale de décaisser le sol se heurte à des fondations trop superficielles. C’est par le haut et la démolition du plancher existant que cet espace devient habitable. La trémie d’escalier existante est ensuite retournée pour devenir l’élément de distribution central de la maison, la superposition de deux fenêtres existantes en un seul châssis composé créé, par un palier intermédiaire, l’accès au jardin. L’étage s’articule quant à lui autour d’un module technique central et d’espaces par ailleurs largement ouverts, avec des baies à galandage côté jardin et la démolition de la plupart des allèges. Côté rue, l’intervention n’est visible que par l’ajout de garde-corps rendus obligatoires par la réhausse du R+1, côté jardin par les modifications de tableaux de menuiseries en plus. Les persiennes en acier existantes ne pouvant pas être modifiées ou rénovées, elles sont remplacées, toujours en acier. Le parti pris architectural repose sur une sincérité constructive assumée, après le remplacement du plancher R+1, la structure est laissée apparente - voiles, poteaux, poutrelles et hourdis bois. Cette matérialité brute dialogue avec un second geste, plus domestique : un vaste système de rangements en contreplaqué okoumé, décliné à l'identique dans toute la maison, qui apporte chaleur et unité sans surcharger les espaces. Le choix du bois et du blanc, laissé à meubler et à s'approprier au fil du temps, permet d’offrir un cadre capable d'évoluer avec la vie de ses habitants plutôt qu'un décor figé.
Cette maison d’architecte, construite dans les années 1930, avait déjà fait l'objet d'une première rénovation, elle avait conservé sa typologie d'origine, organisée sur deux niveaux. Le rez-de-chaussée, semi-enterré et sous un plancher supérieur à seulement 2 m de hauteur, comprenait à l'origine un garage et un garde-manger. Les précédents propriétaires l'avaient transformé sans le modifier radicalement, en y installant des pièces de vie carrelées et chauffées - un bureau, un petit salon, une salle de bain - une chaufferie au fioul existante était séparée du reste du niveau. Le premier étage, lui, avait conservé la majorité de ses cloisons d'origine ; celles ayant été supprimées, restant lisibles par les cicatrices laissées dans les carreaux de ciment. L'entrée donnait directement sur la salle à manger et la cuisine, de part et d'autre d'un salon ouvert, avec deux grandes chambres et une salle de bain. La hauteur sous plafond y était plus généreuse (3,17 m). La trémie d'escalier avait déjà été déplacée et rétrécie lors d'une précédente intervention. Malgré un rez-de-chaussée contraint, la maison conservait un charme certain, augmenté par l’espace extérieur déjà bien arboré et verdoyant. Nous avons réalisé une visite de la maison avec les clients avant achat, le programme était alors déjà assez précis : un plateau ouvert à l'étage regroupant les pièces de jour - cuisine, salle à manger, salon, et éventuellement un bureau- , et au rez-de-chaussée les pièces de nuit - chambres, salle de bain, buanderie et garage - avec si possible trois chambres. Hors garage, la surface totale des deux niveaux avoisinait 140 m², ce qui rendait le programme cohérent avec l'existant ; c'est sur cette base que le projet d'aménagement a été engagé. La maison, située dans le secteur sauvegardé de Montpellier, devait faire l'objet d'une rénovation énergétique complète tout en respectant l'architecture existante. Nous avons accueilli cette contrainte à bras ouverts, convaincus qu’une bonne intervention peut se glisser dans le déjà là. Le programme prévoyait également le remplacement de l'ensemble des menuiseries extérieures, déjà partiellement changées en PVC blanc et posées en rénovation, ce qui avait dénaturé l'esthétique de la façade et réduit le clair de jour, une isolation par l'intérieur en fibre de bois, le remplacement du système de chauffage par une pompe à chaleur, et une amélioration de la ventilation liée à la mise à l'étanchéité à l'air du bâtiment. Cette rénovation a par ailleurs été réalisée dans le cadre de MaPrimeRénov'.
• Hauteur sous plafond du rez-de-chaussée : à peine 2 m, générant un espace bas, sombre et encaissé, difficilement habitable au quotidien. • Fondations superficielles : impossibilité de décaisser davantage le rez-de-chaussée pour regagner de la hauteur. • Contrainte structurelle sur le plancher existant : le bureau d'études structure a déconseillé la mise en œuvre d'un plancher chauffant-rafraîchissant sur le plancher du R+1 tel qu'il existait, ce qui a remis en cause la faisabilité du programme initial des clients. • Contrainte patrimoniale (AVAP) : obligation de respecter l'architecture existante et l'aspect de la façade d'origine - maçonnerie en pierre calcaire de Castries, soubassement en pierre froide de 35 à 40 cm - , limitant les possibilités de modification des ouvertures. • Menuiseries dénaturées : les fenêtres PVC blanc posées lors d'une précédente rénovation avaient réduit le clair de jour et altéré l'esthétique d'origine de la façade. • Connexion au jardin insuffisante : l'organisation existante des niveaux ne permettait pas une liaison aisée et agréable entre l'intérieur et l'espace extérieur arboré. • Mise aux normes énergétiques actuelles : nécessité de rendre la maison étanche à l'air (isolation, PAC, ventilation) pour répondre aux exigences de MaPrimeRénov', sans dénaturer le bâti ancien. • Trémie d'escalier existante : trop étroite, échapée trop faible et mal positionnée pour organiser une distribution centrale efficace des pièces du rez-de-chaussée.
Face à l'impossibilité de décaisser le rez-de-chaussée, la décision a été prise de démolir entièrement le plancher du R+1 et de le surélever. Cette intervention a permis de porter la hauteur sous plafond à 2,40 m au RDC en conservant 2,65 m au R+1, réglant ainsi la contrainte principale du bâtiment tout en rendant possible la mise en œuvre du plancher chauffant-rafraichissant souhaité par les clients. Le nouveau plancher, en poutrelles béton et hourdis bois, a été laissé apparent en sous face afin de conserver une hauteur sous plafond confortable et de donner au lieu une identité propre, sans recourir à un habillage superflu. Les éléments en béton bien exécutés – voiles et poteaux - ont également été laissés bruts. Pour compenser la faible luminosité du rez-de-chaussée et favoriser la ventilation naturelle, plusieurs fenêtres ont été agrandies par l'allège. La trémie d'escalier est retournée pour organiser une distribution centrale des pièces du rez-de-chaussée et créer un lien visuel et physique direct entre les deux niveaux. Un palier au niveau du jardin y donne accès par une ouverture de 6 mètres de haut réalisée par assemblage de fenêtres superposées. À l'étage, la surélévation du plancher a réduit les allèges des fenêtres existantes de 75 cm à 15 cm, créant une marche au droit de chaque ouverture, les garde-corps ont été remplacés pour se mettre aux normes et former de véritables balconnets, permettant de s'accouder pour boire un café en regardant la rue ou le jardin. Un système de rangements en contreplaqué a été développé dans toute la maison, apportant une cohérence d'ensemble tout en restant sobre pour s'adapter à l'évolution des usages dans le temps : rangements pour linge et manteaux dans le couloir du rez-de-chaussée, dressings et lit sur mesure avec futon dans la chambre parentale, meuble de salle de bain flottant sous la paroi de douche en briques de verre. L'escalier reçoit le même revêtement, comme un pont de bateau que l'on peut fouler pieds nus. Au R+1, un module central structure l'espace sans le cloisonner : rangements et toilettes dissimulées côté entrée, grande bibliothèque et rangements fermés côté salon, arrière-cuisine dissimulée côté cuisine. Cette dernière s'organise autour d'un îlot central servant de table pour cinq personnes, complété par un plan en inox vibré avec cuve intégrée et un piano de cuisson sous hotte professionnelle. Cette porosité maîtrisée assure une bonne ventilation naturelle, un rafraîchissement efficace en été et une isolation thermique performante en hiver. L'ensemble des menuiseries a été remplacé par des châssis oscillo-battants avec moustiquaires et persiennes métalliques reprenant le dessin d'origine, restituant le clair de jour et l'esthétique de la façade. Les fenêtres du salon, côté jardin, sont à galandage pour une ouverture maximale et un cadrage généreux sur les arbres environnants.
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