Bientôt un nouveau concours !
Restez connecté pour ne pas manquer nos prochains jeux-concours.
JEANNE HOESCH_ARCHITECTES — Jeanne HOESCH|Provence-Alpes-Côte d'Azur




Au-dessus de la mer ligure, à Bordighera, sur les collines du Montenero striées par les courbes douces des terrasses en pierre, on y cultivait autrefois des espèces horticoles, sous le couvert de palmiers dattiers. Sur l’une des terrasses situées en partie haute du terrain, la maison se dessine sur deux niveaux. Le niveau bas, où se trouve trois chambres, est semi-enterré dans l’épaisseur de la terrasse. Il épouse la topographie des terrasses agricoles, sans rompre leurs courbes, et préserve ainsi la continuité des lignes qui strient la colline. La courbe de la terrasse où se situe la maison a été toutefois légèrement modifiée afin de pouvoir y loger plus généreusement les espaces habitables. La profondeur de la terrasse existante se limitait à 5 m en moyenne, nous l’avons élargie jusqu’à obtenir une profondeur de 8m50. L’implantation semi-enterrée du niveau bas de la maison améliore également le confort thermique. Les pièces profitent de l’inertie du sol, particulièrement bénéfique en hiver. En été, les ouvertures vitrées sont protégées par des tissus occultants extérieurs pour préserver la fraîcheur « sous-terraine ». Le mur de soubassement est percé de portes fenêtres pour chacune des trois chambres qui s’ouvrent ainsi de plain-pied sur une terrasse aménagée. Les autres terrasses du terrain, laissées en jachère depuis quelques décennies sont à nouveau travaillées, car nous sommes en zone agricole. On y a planté des oliviers, des agrumes, des faux poivriers et quelques figuiers. L’articulation extérieure entre les deux niveaux de la maison est créée par une calade de pierres qui longe le mur de soubassement de la maison. Le niveau haut, de plain-pied avec la terrasse en teck est à lui seul une unité de vie complète : une grande pièce à vivre, une cuisine ouverte, une chambre parentale et sa salle de bain. « La petite maison blanche », c’est ainsi que les voisins l’ont nommée, se tient à présent ouverte face à la mer. Son emprise et son gabarit sont tout en retenue comparés aux maisons voisines. En plus de son discret volume blanc, c’est aussi sa fine ombrière en béton qui la distingue dans ce paysage aux maisons ordinaires. Cette ombrière est composée d’un béton dit autoplaçant dont la fluidité facilite le remplissage des moules de coffrages aux formes complexes. En sous face, le coffrage a été réalisé en panneaux de plexiglass. Au moment du décoffrage, les adjuvants superplastifiants du béton sont ressortis, ils donnent aujourd’hui un aspect poli miroir au béton. Ainsi, l’ombrière reflète les lumières changeantes des heures de la journée et gagne encore en légèreté. Depuis la terrasse en teck, le regard s’ouvre vers la mer, et nous ferait presque oublier que nous sommes au commencement de la Riviera ligure, tant le paysage abrite encore une végétation de palmiers dattiers et d’agrumes sur les terrasses en pierre. Pour profiter de cette situation exceptionnelle, j’ai cherché à effacer la frontière entre intérieur et extérieur. Ainsi, lorsqu’on ouvre les coulissants formant l’angle vitré, la maison devient un promontoire sur la mer. Au sol, le parquet en chêne se poursuit à l’extérieur par des lames en teck. Elles forment une terrasse qui suit les courbes de la maison et celles des longues « planches » où l’on cultivait autrefois les fleurs. En bordure de cette terrasse, en guise de garde-corps, une bande de terre est plantée d’une collection d’espèces d’Aloe : Aloe aristata, Aloe ciliari, Aloe vera, Aloe albiflora, et Aloe arborescens. Depuis l’intérieur de la pièce de vie, le plafond se prolonge au-delà de l’enveloppe vitrée par la sous-face de l’ombrière en béton qui coiffe tout l’espace architecturé. La maison s’étend des terrasses jusqu’à la mer. Ici nous habitons à la fois la maison, la terrasse, la colline, la mer, dans un vaste ensemble interdépendant.
À l’origine, il y a le rêve d’Italie de Julia, la mère de l’architecte, qui souhaite construire à 77 ans une maison de vacances pour ses enfants et petits-enfants. Après maintes recherches en Ligurie et plusieurs séjours à la villa Garnier construite par Charles Garnier en ?, donnée par la suite aux religieuses de l’ordre de ?, elle trouve à Bordighera une magnifique parcelle pentue surplombant la mer. Autrefois, on y cultivait des espèces horticoles sous serres. Un début de paradis, s’est-elle dit. Le terrain est composé de plusieurs terrasses reliées par des escaliers étroits dont chacune des marches est composée d’un bloc rocheux. Autant de petits éléments d’architecture vernaculaire qui nous mènent progressivement à la mer. Chronomètre en mains, Julia réalise qu’elle ne met que sept minutes pour rejoindre la plage de galets depuis la terrasse la plus haute du terrain. Son choix est fait. C’est ici qu’elle construira son dernier rêve d’architecture où elle plantera elle-même toutes les boutures de lauriers roses qu’elle élève depuis des mois. L’élaboration du cahier des charges dans un contexte familial n’a pas toujours été simple. Il n’a pas été aisé pour moi d’assurer objectivement la synthèse des vœux de mes deux parents. Aujourd’hui, la maison est là, les plantations de ma mère ont poussé très vite, la terre est extrêmement riche et fertile. Et souvent les membres de ma famille et les amis qui viennent me disent leur bonheur d’être ici.
1/ Le règlement d’urbanisme en Ligurie restreint considérablement la surface habitable sur la colline du Montenero, près de Bordighera. On a donc imaginé une maison qui se vit autant à l’intérieur qu’à l’extérieur, qui ne se limite pas à ses espaces clos. 2/ Lors des terrassements pour construire le niveau semi enterré des chambres, il a fallu casser un grand volume rocheux, cela a été coûteux. Mais l’extraction de ces roches a révélé un trésor sorti de terre que l’architecte italien de relais avait pressenti. 3/ L’orientation des terrasses a induit celle de la maison. Orientée sud-ouest, la façade la plus chaude, il a fallu réfléchir à un dispositif pour limiter les apports solaires tout en offrant une vue très large sur la mer. Il n’était pas question de placer une climatisation dans cette maison. On sait que ce système est très consommateur d’énergie fossile (si l'électricité provient du charbon ou du gaz) et qu’il rejette une quantité importante de chaleur dans l’atmosphère. La climatisation réduit encore notre rapport direct au vivant, elle nous impose de se tenir derrière des baies vitrées closes en attendant des températures plus clémentes.
1/ Pour répondre à la contrainte n°1, j’ai dessiné un volume ouvert sur le dehors, cherchant à effacer la frontière entre intérieur et extérieur. Ainsi la maison se prolonge à l’extérieur grâce au traitement en baie vitrée des deux murs d’angle donnant sur la mer. Cet angle vitré est composé de deux coulissants à galandage. Chacun des coulissants peut totalement s’effacer derrière une contre-cloison sans qu’aucun appui structurel ne vienne interrompre l’ouverture. Ce geste architectural permet à la fois de célébrer la beauté naturelle du site et d’agrandir la surface d’habitation, déjouant ainsi le règlement d’urbanisme limitant la surface constructible. La réalisation de cet angle vitré a nécessité une étude d’ingénierie très pointue. Il fallait s’assurer qu’aucun mouvement de la dalle de toiture ne puisse se produire pour éviter tout frottement du roulement des coulissants. Pour reprendre la charge du toit et celle de l’ombrière en porte à faux, l’ingénieur a dimensionné un réseau de poutres métalliques retroussées. Elles se situent au-dessus de la dalle en béton. Ces poutres dessinent la cinquième façade de la maison visible depuis la terrasse la plus haute du terrain, celle dédiée aux voitures. 2/ Dès la conception, nous avons donc compté sur ce trésor de blocs de pierres. Tous les blocs extraits ont été utilisés dans la construction de la maison et dans l’aménagement des espaces extérieures. Les tailleurs de pierres ont transformé ces blocs en pierres de tailles irrégulières pour les mettre en œuvre selon la technique de l’opus incertum. Ainsi le mur composite à double paroi du niveau des chambres a été réalisé pour partie grâce à ces pierres. Le mur se compose de manière suivante : La paroi intérieure porteuse est en béton banché, elle est séparée du mur de façade par un isolant hydrophobe assurant une isolation continue (les ponts thermiques sont évités), puis par une lame d’air. Le mur en façade est constitué par les pierres naturelles, elles sont montées de manière traditionnelle avec un mortier invisible depuis l’extérieur. Les pierres ont également permis de consolider les murs des terrasses existantes et de réaliser une calade reliant les deux niveaux de la maison. Les terres extraites ont servi à combler le terrain d’un autre chantier à proximité. Ainsi, les matériaux extraits ont tous trouvé une réutilisation, dans l’esprit d’une démarche circulaire. Une fois tous ces ouvrages réalisés grâce aux roches extraites, il restait encore d’énormes blocs rocheux. On a eu l’idée de les mettre en scène, en s’inspirant du rituel des offrandes sous la Grèce antique. Nous avons positionné ces blocs en cercle autour d’un bloc unique, telle une table à libations autour de laquelle, à l’ombre des tamariniers, on prend l’aperitivo. 3/ Pour limiter le réchauffement solaire de la maison, j’ai dessiné une fine ombrière qui vient bloquer une partie des rayonnements solaires l’été, alors que l’hiver elle les laisse entrer dans la maison. Ainsi en hiver, il est parfois inutile de chauffer lorsque le soleil rayonne sur les baies vitrées, les besoins énergétiques sont ainsi minimisés. Grâce à ses formes libres, cette ombrière en béton brut, ancrée dans la façade, acquiert une légèreté plastique. Les larges ouvertures à galandage permettent également une ventilation naturelle à grand volume portée par la fraîcheur de la brise marine.
Ce projet participe aux Journées d'Architecture À Vivre. Donnez votre avis !
Un email = un vote • Votez pour votre projet préféré

Une villa pleine de possibilités avec une façade d […]

TECTUS TE 440 3D

UNDORA® : la nouvelle expression de la matière
Poussez la porte de maisons d'architectes près de chez vous. Visites gratuites sur réservation.
Du 16 au 18 octobre 2026

février 2026
ACTUALITÉS Brèves • Logements Ivry-Confluences Architectures Raphaël Gabrion • Pôle enfance et sportif du Parc des Loges HEMAA • PRODUITS Solutions pour le logement social Mutation constructive • Mise en œuvre Menuiseries K•LINE – Coucoo Cabanes Grands Lacs • Mise en œuvre Bardage Ducerf – Pôle oriental du zoo d'Amiens • …
Bientôt un nouveau concours !
Restez connecté pour ne pas manquer nos prochains jeux-concours.