À propos•Mentions légales•Données personnelles et cookies•Conditions générales de vente•Plan du site
Logo

L'architecture au détail

RUBRIQUEs

Actus
Dossier
Design
Reportages
Cahier Pratique
Projets
Prix à vivre
Exé
Architectes
S'abonner
Exé
Face B

SERVICES

Nous Contacter
Abonnement
Publicité
Journées À Vivre - Inscription
Initiation - Inscription
Icex - Inscription

CONTACT

10, rue de Penthièvre - 75 008 Paris
contactabo@fitamant.fr+33 2 98 98 01 40

© 2026 Exé Magazine. Tous droits réservés.

  1. A Vivre
  2. Projets
  3. Un ancien mas transformé par le vide et la lumière

Un ancien mas transformé par le vide et la lumière

Marion Giovannetti Architecte — MARION GIOVANNETTI|Provence-Alpes-Côte d'Azur

2votes
Votes clos
Un ancien mas transformé par le vide et la lumière - Image principale
Vue depuis jardin haut (Extérieur) — © Lisa Martens Carillo
+12
Aix-en-Provence, Provence-Alpes-Côte d'Azur
 

FICHE TECHNIQUE

Architecte : Marion Giovannetti Architecte — MARION GIOVANNETTI
Surface :
222 m²
Année de réalisation :
2025
Durée des études :
N/A
Durée des travaux :
N/A
Matériaux :
Brique

Note d'intention

Le projet part d’une conviction simple : dans un bâtiment ancien, le geste contemporain n’a de sens que s’il permet de retrouver ce que les transformations successives ont rendu illisible. Au Mas Victoria, il ne s’agissait ni de reconstituer un mas « d’époque », ni de faire table rase, mais de donner à un ancien corps de ferme du XVIIIᵉ siècle sa capacité à accueillir une vie familiale contemporaine. Transformée en habitation dans les années 1970 puis laissée inoccupée plusieurs années, la bâtisse avait perdu toute cohérence : petites pièces sombres, plafonds bas, circulations en labyrinthe, niveaux fragmentés. Pourtant, son implantation au cœur d’un site naturel préservé, ses murs épais, ses irrégularités et son rapport au paysage constituaient précisément sa valeur. Le projet repose donc sur un double mouvement : intervenir fortement là où cela est nécessaire et conserver tout ce qui fait la singularité du lieu. Plutôt que d’agrandir la maison ou de chercher à maximiser sa surface habitable, le choix a été, au contraire, d’en supprimer une partie. La dépose d’une grande portion du plancher de l’étage permet de créer une pièce de vie traversante en double hauteur, culminant à 5,70 mètres, et de révéler la nouvelle charpente bois. Des mètres carrés sont volontairement sacrifiés au profit du vide, de la lumière, des perspectives et d’une nouvelle générosité spatiale. Au sud, une grande baie cintrée accompagne cette verticalité et ouvre la maison sur le paysage. À l’inverse, certains passages bas, demi-niveaux, ouvertures irrégulières et éléments anciens sont volontairement maintenus. Le projet joue ainsi sur l’alternance entre compression et dilatation, entre intimité et ouverture. Cette logique guide également la matérialité : pierre naturelle, travertin, terre cuite, bois, métal brut et béton ciré composent une palette volontairement restreinte, robuste et destinée à se patiner. La continuité du travertin entre intérieur et terrasse prolonge naturellement les espaces de vie vers le jardin. Plus qu’une rénovation stylistique, Mas Victoria est un travail de transformation de l’existant par la lumière, le volume et les usages. L’architecture cherche moins à produire davantage qu’à révéler davantage : préserver, réparer, soustraire parfois, et ouvrir, pour inscrire durablement une maison entièrement pensée sur mesure pour cette famille dans un paysage qui lui préexistait.

Origine du projet

La commande naît de la rencontre entre une jeune famille en quête d’espace et de nature et un ancien corps de ferme du XVIIIᵉ siècle implanté sur un terrain d’environ 6 000 m², près d’Aix-en-Provence et de la Sainte-Victoire. Les propriétaires, issus d'une famille d’agriculteurs, souhaitaient préserver le caractère profondément naturel du site plutôt que le transformer en jardin domestiqué. Le projet paysager accompagne cette volonté : conserver la végétation existante, renforcer les plantations d’essences locales et d’arbres fruitiers, et maintenir au terrain son caractère rural. L’architecture devait s’inscrire dans cette continuité et permettre de vivre davantage avec le lieu, plutôt que simplement à côté de lui. La famille ne recherchait pas seulement une maison plus grande à la campagne : elle souhaitait un lieu où ancrer sa vie quotidienne, recevoir, lire, cuisiner, voir grandir les enfants et retrouver une relation constante avec l’extérieur. Lors de la première visite, le potentiel du bâti était pourtant difficile à percevoir. La maison, transformée en habitation dans les années 1970 et inoccupée depuis plusieurs années, était humide, sombre et très fragmentée. Le salon et la cuisine étaient éloignés l’un de l’autre, les circulations complexes et les plafonds bas. L’organisation existante ne correspondait ni aux usages contemporains ni au désir d’une maison généreuse, collective et ouverte sur son environnement. L’écoute du programme a conduit à ne pas traiter la maison comme une simple succession de pièces, mais comme une gradation de situations domestiques. À l’ouest, les espaces communs ; salon, bibliothèque, cuisine et salle à manger ; sont réunis dans une séquence fluide, largement tournée vers le jardin et conçue pour la vie quotidienne autant que pour les grandes tablées. À l’est, la suite parentale au rez-de-chaussée puis les trois chambres d’enfants et leur salle de bains à l’étage composent un registre plus intime. Les demi-niveaux existants deviennent une qualité de parcours plutôt qu’un défaut à effacer. Le projet traduit ainsi le programme au-delà de sa dimension fonctionnelle : il organise différentes façons d’habiter ; se retrouver, se retirer, recevoir, lire, regarder dehors ; et donne à chacune une relation spécifique au volume, à la lumière et au paysage. La maison n’est pas pensée à partir d’un modèle générique : son organisation, ses volumes et ses usages sont entièrement dessinés pour cette famille et pour ce lieu.

Contraintes

La première contrainte était l’état même de la bâtisse. Il ne s’agissait pas à l’origine d’une demeure conçue comme telle, mais d’un ancien corps de ferme construit selon des logiques rurales, puis transformé en habitation bien plus tard. Après plusieurs interventions successives et plusieurs années d’inoccupation, le bâtiment présentait un bâti fragilisé par l’humidité, une toiture et une charpente à reprendre, ainsi qu’une distribution intérieure profondément dénaturée par les aménagements des années 1970. À cette fragilité du bâti s’ajoutait une contrainte majeure liée au terrain. La topographie dirige naturellement les eaux de ruissellement vers la maison. Or les murs anciens ne disposaient ni de véritables fondations telles qu’on les conçoit aujourd’hui, ni de pieds de murs étanches capables de protéger durablement l’intérieur des remontées et infiltrations d’eau. La gestion de l’humidité ne pouvait donc pas se limiter à un traitement intérieur : elle devait être abordée à l’échelle du bâtiment et du terrain. Un important dispositif de gestion des eaux a ainsi dû être mis en œuvre : drainage périphérique de la maison, traitement et protection des pieds de murs, collecte des eaux de toiture et création d’un puisard permettant également de gérer les eaux de ruissellement provenant du terrain. Ces interventions, en grande partie invisibles une fois le chantier achevé, étaient essentielles pour assurer la pérennité du bâti ancien. La seconde difficulté était de transformer radicalement les usages sans perdre le caractère vernaculaire du mas. L’hypothèse d’une démolition-reconstruction, plus simple à mettre en œuvre selon les ingénieurs qui nous ont accompagnés, a été écartée. Le choix a été de conserver l’emprise et le maximum de matière existante, malgré la complexité constructive que cela impliquait. La création d’une double hauteur sur une grande partie de la pièce de vie, la reconstruction de la charpente et l’ouverture d’une baie cintrée de grande dimension dans la façade sud ont donc nécessité un travail structurel précis et une coordination étroite du chantier. Il fallait parallèlement améliorer fortement le confort de la maison : isolation renforcée, nouvelle couverture, traitement de l’enveloppe, chauffage par le sol dans les principales pièces de vie et intégration discrète des réseaux. Dans les chambres sous rampant notamment, les gaines ont été logées dans les volumes perdus afin de ne pas altérer la géométrie de la charpente ni réduire les espaces habitables. Enfin, le site imposait une forme de retenue. Dans ce paysage volontairement maintenu naturel, il fallait éviter qu’une rénovation lourde transforme le mas en objet neuf et démonstratif. Les ouvertures irrégulières, certains seuils bas, les demi-niveaux, les bancs maçonnés, le cadran solaire ou encore la cloche ont ainsi été conservés ou réintégrés.

Solutions de l'architecte

La réponse architecturale s’organise autour d’un principe : retrouver une cohérence spatiale en travaillant avec l’existant plutôt qu’en le normalisant ou en l’agrandissant systématiquement. Le premier geste consiste paradoxalement à enlever plutôt qu’à ajouter. Une grande partie du plancher de l’étage est déposée pour créer, dans la pièce de vie, une double hauteur culminant à 5,70 mètres. La nouvelle charpente bois devient visible et participe pleinement à l’architecture intérieure. Le séjour, la bibliothèque, la cuisine et la salle à manger sont reconnectés ; le regard peut désormais traverser la maison du nord au sud. Dans un contexte où la réponse à un programme familial passe souvent par la création de mètres carrés supplémentaires, le projet adopte une position inverse : ne pas augmenter l’emprise, ne pas remplir chaque volume disponible et accepter de perdre de la surface habitable pour gagner de l’espace architectural. Le vide créé devient une véritable pièce du projet. Il apporte lumière, respiration, relations visuelles entre les niveaux et une sensation d’ampleur qui transforme radicalement la maison sans l’étendre. Le second geste est l’ouverture au paysage. La façade sud, auparavant austère et peu percée, est recomposée par une grande baie cintrée dessinée comme une intervention contemporaine capable de dialoguer avec la typologie du mas. Elle accompagne la double hauteur, capte la lumière du sud et cadre le jardin. Autour d’elle, les percements anciens conservent leurs dimensions irrégulières et les bancs maçonnés d’origine sont restaurés. À l’extérieur, le travertin posé en chevrons prolonge le sol intérieur jusqu’à la terrasse et renforce la continuité entre maison et paysage. Le troisième geste concerne l’échelle domestique. Les espaces communs sont généreux, tandis que les chambres sous pente, les passages plus bas et certains demi-niveaux conservent des proportions plus contenues. Cette alternance de compression et de dilatation donne un rythme au parcours. La bibliothèque toute hauteur répond directement aux habitudes de lecture des propriétaires ; la cuisine, les rangements et plusieurs éléments de mobilier sont dessinés sur mesure. Chaque intervention est ainsi liée à une manière précise d’habiter. La durabilité du projet est enfin pensée de manière très concrète. Conserver le bâti existant, son emprise et une grande part de sa matière a constitué le premier choix. Le chantier a été mené avec des entreprises et artisans locaux maîtrisant les savoir-faire nécessaires à une construction ancienne : maçon, charpentier, couvreur, menuisier bois, métallier-serrurier, marbrier et entreprises techniques. Leur travail a permis de restaurer plutôt que remplacer chaque fois que cela était pertinent, et d’intégrer des interventions contemporaines sans effacer la matière ancienne. La palette de matériaux privilégie des matières pérennes et peu démonstratives ; pierre naturelle, travertin, terre cuite, bois, métal brut, béton ciré ; choisies pour leur capacité à vieillir et à se patiner. Plusieurs éléments du mas ont été conservés et réemployés : bancs maçonnés, cloche, cadran solaire et percements irréguliers participent encore aujourd’hui à son identité. L’amélioration thermique a fait l’objet du même soin : isolation renforcée, toiture entièrement reprise et travail avec le climaticien pour apporter une réponse adaptée au confort d’été comme d’hiver. Après plus d’un an d’usage, les propriétaires soulignent la qualité du confort thermique obtenu, en été comme en hiver. La durabilité du projet tient ainsi autant à ce qui a été construit qu’à ce qui ne l’a pas été : absence d’extension, maintien de l’emprise existante, conservation et réemploi, recours à des savoir-faire locaux et renoncement volontaire à certains mètres carrés au profit de qualités spatiales durables. L’innovation du projet est là : produire une transformation profondément contemporaine sans chercher à produire davantage de bâtiment.

Localisation approximative — Aix-en-Provence

S'équiper
Ces solutions peuvent vous intéresser
Une villa pleine de possibilités avec une façade dynamique
RENSON
Une villa pleine de possibilités avec une façade dynamique
TECTUS TE 440 3D
SIMONSWERK
TECTUS TE 440 3D
UNDORA® : la nouvelle expression de la matière
Porcelanosa
UNDORA® : la nouvelle expression de la matière
Voir plus de solutions

Osez la newsletter !

Un tour d'horizon des actualités de votre magazine A Vivre. Osez l'architecture !

Magazine À Vivre - Revue 2025
À Vivre
À partir de
10,90€/parution
Je m'abonne
Sans engagement · Annulez à tout moment
Site web À Vivre

S'équiper

Une villa pleine de possibilités avec une façade dynamique

RENSON

Une villa pleine de possibilités avec une façade d […]


TECTUS TE 440 3D

SIMONSWERK

TECTUS TE 440 3D


UNDORA® : la nouvelle expression de la matière

Porcelanosa

UNDORA® : la nouvelle expression de la matière

Voir plus

Osez la newsletter !

Un tour d'horizon des actualités de votre magazine A Vivre. Osez l'architecture !

Journées À Vivre

Poussez la porte de maisons d'architectes près de chez vous. Visites gratuites sur réservation.

Du 16 au 18 octobre 2026

Journées À VivreRéservez vos visites

Prix Maisons À Vivre

C'est le moment de déposer vos projets pour participer au Prix Maisons À Vivre !

Prix Maisons À VivreEn savoir plus
Magazine
Couverture Constructions bois
N°63

Constructions bois

février 2026

ACTUALITÉS Brèves • Logements Ivry-Confluences Architectures Raphaël Gabrion • Pôle enfance et sportif du Parc des Loges HEMAA • PRODUITS Solutions pour le logement social Mutation constructive • Mise en œuvre Menuiseries K•LINE – Coucoo Cabanes Grands Lacs • Mise en œuvre Bardage Ducerf – Pôle oriental du zoo d'Amiens • …

À lire aussi sur

À Vivre Magazine

Les 63 couleurs de Le Corbusier® éditées par Ressource

Journées A Vivre 2026 : réservez vos visites !

Votez pour le Prix du public !

19 et 20 septembre : nos repérages pour les Journées du patrimoine

Voir plus d'articles

Concours

Bientôt un nouveau concours !

Restez connecté pour ne pas manquer nos prochains jeux-concours.

Voir tous les concours