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RÉCIPROCITÉ CONSTRUCTIVE

2026-06-30|Laurie Picout

VUE SUR LA FAÇADE SUR RUE© Schnepp Renou

En bordure des voies ferrées à Rennes, le nouveau siège social de la région Grand-Ouest du groupe Vinci, signé par l’agence PARC Architectes, allie bioclimatisme et réversibilité. Ce bâtiment de bureaux se distingue par ses vastes balcons périphériques, sa structure mixte et une conception qui anticipe les usages de 2050.

Une démonstration d’architecture qui se veut avant tout adaptable.

Comment concevoir un immeuble de bureaux qui pourrait évoluer sans être démoli ? C’est la demande formulée par Vinci en tant que point de départ du projet de son siège social pour la région Grand- Ouest, situé à Rennes. L’enjeu principal était de concevoir un bâtiment qui s’inscrit dans la durée, capable de s’adapter aux mutations urbaines et sociales à l’horizon 2050.

Face à cette exigence, Brice Chapon et Émeric Lambert, fondateurs de l’agence parisienne PARC Architectes, ont imaginé une structure capable de se transformer sans démolition, ni travaux lourds. Le chef de projet, Eliot Uginet, précise que sans savoir « si dans 25 ans l’immeuble servirait encore de bureaux, il a été décidé de lui donner la capacité d’être facilement réversible en logements, usage qui traversera toutes les époques ».

La réalisation repose sur plusieurs principes élémentaires. D’abord, la présence de balcons filants sur toute la périphérie, voués à se transformer en terrasses privatives des logements. Ensuite, l’épaisseur limitée du bâtiment – variant de 15 mètres en pied d’immeuble à 13 mètres en hauteur – qui évite la création de zones aveugles, un défaut classique des grandes surfaces de bureaux.

Enfin, une zone centrale des plateaux a été volontairement préservée de tout réseau de chauffage intégré pour permettre, le moment venu, le percement des gaines nécessaires aux futures salles de bains. Effectivement, « en chantier, des zones ont été dépourvues de dalle active afin de permettre la création de gaines logements en cas de mutabilité du bâtiment », détaille Eliot Uginet.

De plus, les futurs logements hériteront de la généreuse hauteur sous plafond (2,70 mètres) et des façades très vitrées, autant de qualités habituellement réservées aux programmes tertiaires. L’autre pilier du projet réside dans sa stratégie environnementale.

Ici, pas de climatisation. La régulation thermique est assurée par une combinaison de matériaux aux propriétés complémentaires. La structure en béton bas-carbone, réduite au strict nécessaire – poteaux, planchers et noyaux de circulation –, apporte l’inertie thermique.

En hiver, des serpentins intégrés aux dalles actives diffusent la chaleur ; en été, cette même masse minérale maintient la fraîcheur. « Aujourd’hui, le bâtiment réagit très bien aux pics de chaleur sans recours à un système de refroidissement, indique Eliot Uginet.

Il a été conçu de façon bioclimatique en utilisant des simulations thermiques dynamiques basées sur des scénarios défavorables du Giec à horizon 2050. » En complément, les façades en ossature bois en mélèze français apportent la versatilité.

Les fenêtres oscillobattantes et les portes-fenêtres permettent une ventilation naturelle efficace, profitant de l’aération naturelle de Rennes. « On peut réguler plus rapidement les espaces aux façades de bois suivant les saisons ainsi que quotidiennement entre le jour où le bâtiment est occupé et la nuit où il est vide », souligne l’architecte.

Situé boulevard Solférino, en bordure du « fleuve ferroviaire », le bâtiment devait composer avec ses voisins et apporter de la lumière à la rue. En façade nord, le bâtiment recule progressivement de 25 centimètres à chaque étage ; sur les façades est et ouest, le retrait est de 10 centimètres. Cette écriture architecturale, qui évoque les lignes de chemin de fer et les poteaux de caténaires, n’a pas été simple à mettre en oeuvre. « Le défi technique majeur a concerné le recul des FOB d’un niveau à l’autre, détaille Eliot Uginet. Les inclinaisons des poteaux découlent de ce décalage de façades.

En phase de travaux, cela a même nécessité la mise en place d’un outil particulier pour permettre la mise en oeuvre des éléments préfabriqués entre les dalles béton déjà coulées. » Le recours massif à la préfabrication – poteaux inclinés, balcons, panneaux de façade bois assemblés en atelier par trois fenêtres – a permis d’atteindre une qualité d’exécution optimale.

À l’intérieur, les matériaux (bois, métal, coton, laine) ont été choisis pour limiter la pollution de l’air, pour le plus grand confort des équipes de Vinci Grand-Ouest, qui ont pu investir leurs nouveaux bureaux début 2025.Comment concevoir un immeuble de bureaux qui pourrait évoluer sans être démoli ? C’est la demande formulée par Vinci en tant que point de départ du projet de son siège social pour la région Grand- Ouest, situé à Rennes.

L’enjeu principal était de concevoir un bâtiment qui s’inscrit dans la durée, capable de s’adapter aux mutations urbaines et sociales à l’horizon 2050. Face à cette exigence, Brice Chapon et Émeric Lambert, fondateurs de l’agence parisienne PARC Architectes, ont imaginé une structure capable de se transformer sans démolition, ni travaux lourds. Le chef de projet, Eliot Uginet, précise que sans savoir « si dans 25 ans l’immeuble servirait encore de bureaux, il a été décidé de lui donner la capacité d’être facilement réversible en logements, usage qui traversera toutes les époques ».

La réalisation repose sur plusieurs principes élémentaires. D’abord, la présence de balcons filants sur toute la périphérie, voués à se transformer en terrasses privatives des logements. Ensuite, l’épaisseur limitée du bâtiment – variant de 15 mètres en pied d’immeuble à 13 mètres en hauteur – qui évite la création de zones aveugles, un défaut classique des grandes surfaces de bureaux.

Enfin, une zone centrale des plateaux a été volontairement préservée de tout réseau de chauffage intégré pour permettre, le moment venu, le percement des gaines nécessaires aux futures salles de bains. Effectivement, « en chantier, des zones ont été dépourvues de dalle active afin de permettre la création de gaines logements en cas de mutabilité du bâtiment », détaille Eliot Uginet.

De plus, les futurs logements hériteront de la généreuse hauteur sous plafond (2,70 mètres) et des façades très vitrées, autant de qualités habituellement réservées aux programmes tertiaires. L’autre pilier du projet réside dans sa stratégie environnementale.

Ici, pas de climatisation. La régulation thermique est assurée par une combinaison de matériaux aux propriétés complémentaires. La structure en béton bas-carbone, réduite au strict nécessaire – poteaux, planchers et noyaux de circulation –, apporte l’inertie thermique. En hiver, des serpentins intégrés aux dalles actives diffusent la chaleur ; en été, cette même masse minérale maintient la fraîcheur.

« Aujourd’hui, le bâtiment réagit très bien aux pics de chaleur sans recours à un système de refroidissement, indique Eliot Uginet. Il a été conçu de façon bioclimatique en utilisant des simulations thermiques dynamiques basées sur des scénarios défavorables du Giec à horizon 2050. » En complément, les façades en ossature bois en mélèze français apportent la versatilité. Les fenêtres oscillobattantes et les portes-fenêtres permettent une ventilation naturelle efficace, profitant de l’aération naturelle de Rennes. « On peut réguler plus rapidement les espaces aux façades de bois suivant les saisons ainsi que quotidiennement entre le jour où le bâtiment est occupé et la nuit où il est vide », souligne l’architecte.

Situé boulevard Solférino, en bordure du « fleuve ferroviaire », le bâtiment devait composer avec ses voisins et apporter de la lumière à la rue. En façade nord, le bâtiment recule progressivement de 25 centimètres à chaque étage ; sur les façades est et ouest, le retrait est de 10 centimètres. Cette écriture architecturale, qui évoque les lignes de chemin de fer et les poteaux de caténaires, n’a pas été simple à mettre en oeuvre. « Le défi technique majeur a concerné le recul des FOB d’un niveau à l’autre, détaille Eliot Uginet. Les inclinaisons des poteaux découlent de ce décalage de façades. En phase de travaux, cela a même nécessité la mise en place d’un outil particulier pour permettre la mise en oeuvre des éléments préfabriqués entre les dalles béton déjà coulées. »

Le recours massif à la préfabrication – poteaux inclinés, balcons, panneaux de façade bois assemblés en atelier par trois fenêtres – a permis d’atteindre une qualité d’exécution optimale. À l’intérieur, les matériaux (bois, métal, coton, laine) ont été choisis pour limiter la pollution de l’air, pour le plus grand confort des équipes de Vinci Grand-Ouest, qui ont pu investir leurs nouveaux bureaux début 2025.

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